2016-10-06 14:27

Grand retour de BNP Paribas dans le financement du négoce

Matières premières

L'antenne genevoise de la banque révolutionne son offre dans le «trade finance». Elle veut rebondir après son amende record en 2014

Emmanuel Rogy,responsable STS Europe chez BNP Paribas.

Emmanuel Rogy,responsable STS Europe chez BNP Paribas.

(Photo: © Georges Cabrera (Archives))

Dans le cadre de la «Commodity week», BNP Paribas a organisé mercredi un événement au Bâtiment des Forces Motrices (BFM). Quelque 500 partenaires de l'établissement s’y sont réunis en fin d’après-midi. Le champagne n’a pas coulé à flots comme jadis, durant cette traditionnelle semaine d’octobre qui voit les négociants de la place se réunir avec leur clientèle et fêter. Cette année comme l’an dernier, «place au business, aux échanges; on se concentre sur le métier, le travail», indique Emmanuel Rogy, responsable STS Europe chez BNP Paribas.

STS Europe? Il y a peu Emmanuel Rogy était présenté comme le directeur général pour l’Europe du «Commodity trade finance» chez BNP Paribas Suisse. STS signifie «Specialized Trade Solutions», trois mots qui doivent désigner une nouvelle approche du financement des matières premières, secteur traditionnellement phare de BNP Paribas à Genève. «Notre offre est beaucoup plus globale. Les équipes STS viennent collaborer, dans le monde entier, avec les responsables de la clientèle formée des entreprises et qui ne sont pas forcément directement actifs dans les matières premières», selon Emmanuel Rogy.

Les quelque 200 collaborateurs de la nouvelle structure se répartissent entre Genève - où travaillent les trois quarts d’entre eux - et Paris. Des effectifs réduits comparés aux près de 400 personnes qui œuvraient dans le secteur dans le canton il y a quelques années.

Plusieurs événements ont conduit à ce changement de stratégie. En 2014, la banque a été condamnée par les Etats-Unis à payer une amende de près de 9 milliards de dollars pour avoir violé des embargos américains à Cuba, au Soudan et en Iran. La voilure des équipes genevoises, qui ont contribué à hauteur de 3,85 milliards pour cette sanction, a depuis été réduite. «Nos clients demandent également une nouvelle approche, que ce soit en matière de traçabilité ou en termes de responsabilités sociale», souligne Emmanuel Rogy.

Au BFM, les invités ont dans ce cadre aussi pris connaissance des derniers projets numériques chez BNP Paribas. Les technologies doivent permettre de faciliter les affaires en remplaçant la paperasse, abondante dans le segment du négoce, par une plate-forme unique. Certaines recourent à la technologie «blockchain», un protocole numérique sans intermédiaire qui automatise les échanges. Selon Emmanuel Rogy, c’est non seulement plus fiable, mais aussi plus rapide, transparent et efficace.

Tribune de Genève