2016-02-08 18:30

«Il n’y a pas de paix avec le cyberharcèlement, même chez soi»

Justice

Le cyberharcèlement est une nouvelle forme de délinquance juvénile, constate Fabienne Proz Jeanneret, juge au Tribunal des mineurs.

Les impacts sont autrement plus complexes qu’à l’époque des altercations dans les préaux d’école, selon Fabienne Proz Jeanneret: «Les victimes continuent à être harcelées même chez elles.»

Les impacts sont autrement plus complexes qu’à l’époque des altercations dans les préaux d’école, selon Fabienne Proz Jeanneret: «Les victimes continuent à être harcelées même chez elles.»

(Photo: archives Francesca Palazzi)

«Le cyberharcèlement est une nouvelle forme de délinquance juvénile, constate Fabienne Proz Jeanneret, juge au Tribunal des mineurs. Il s’inscrit dans le développement d’Internet et des réseaux sociaux et s’étend à toutes les diverses plates-formes où les jeunes effectuent leur réseautage.»

Ces comportements entrent dans le catalogue habituel des délits prévus par le Code pénal (injures, menaces, contraintes, diffamation, calomnie, etc.). Avec le boom du digital, un nouvel article 179 bis/ter/quater CP est toutefois apparu «pour l’enregistrement et la prise d’images à l’insu de personnes, et partagées avec d’autres», précise la juge.

Les impacts sont autrement plus complexes qu’à l’époque des altercations dans les préaux d’école, poursuit Fabienne Proz Jeanneret : «Les victimes continuent à être harcelées même chez elles. Il n’y a pas de paix avec le cyberharcèlement, même dans l’intimité de son logement! Des jeunes filles qui avaient transmis des photos à leurs petits copains les voient soudain diffusées sur Facebook. Elles ne veulent plus aller à l’école, certaines veulent même mourir. L’auteur, lui, ne peut plus rattraper sa faute. La machine s’emballe, cela prend une ampleur infinie.»

Les jeunes auteurs sont punis selon le droit pénal des mineurs: «Ils sont surtout sanctionnés par des peines de prestations personnelles. Dans des cas extrêmes et s’ils avaient 15 ans au moment des faits, ils sont passibles d’une peine privative de liberté. Ils peuvent aussi être aidés par des mesures éducatives spécifiques comme une assistance personnelle. L’important, c’est de leur faire comprendre la portée de leurs actes et ce que cela représente pour leur victime.» La juge estime encore nécessaire de «soutenir les jeunes dans l’utilisation positive des médias».

Tribune de Genève