2020-03-19 18:03

La police intervient pour disperser les rassemblements

Covid-19

Certains font fi de l'interdiction de rassemblements de plus de cinq personnes. Les forces de l'ordre veillent au grain. La justice aussi.

Les forces de l'ordre sont notamment intervenues dans le parc des Bastions.

Les forces de l'ordre sont notamment intervenues dans le parc des Bastions.

(Photo: Lucien Fortunati)

On hésite entre l'inconscience, la bêtise, le sentiment de toute puissance ou alors l'amnésie. À Genève, depuis ce lundi, le Canton a interdit les «rassemblements de plus de cinq personnes à l'intérieur comme à l'extérieur». Une injonction que certains ne respectent pas. Du tout.

Ce jeudi, la police cantonale est intervenue cette fois-ci dans le parc des Bastions où une petite cinquantaine de joueurs d'échecs profitaient du soleil pour s'adonner à leur passion. Les policiers ont alors dispersé la foule qui s'agglutinait et lézardait autour de l'échiquier.

Dans la foulée, les forces de l'ordre ont également interpellé un groupe de jeunes qui profitaient des rayons du soleil ou de la vue du Mur des réformateurs (moins probable) pour leur demander de quitter les lieux, en ordre dispersé, cela va de soi.

Contactée, la police genevoise ne dispose pas encore de chiffres quant au nombre d'interventions relatives à la dispersion des regroupements. «Il est encore trop tôt, concède Alexandre Brahier», son porte-parole. Mais assure que la police n'a pas attendu cette journée pour intervenir. «Il s'agit dans un premier temps d'expliquer aux gens que pour leur santé et leur sécurité, il faut qu'ils se dispersent et respectent les consignes pour le bien de tous. Nous remarquons que la situation est loin d'être optimale, nous constatons un manque de civilité actuellement, notamment auprès des plus jeunes. Il faut une prise de conscience collective qui vise à éviter la propagation de la maladie.» Pour l'heure, aucune personne n'a été poursuivie.

Le Ministère public, lui aussi, veille au grain. Ce jeudi, la justice genevoise a tenu à rappeler quelles étaient les sanctions en vigueur, soit une peine pécuniaire ou une peine privative de liberté jusqu'à 3 ans. Le Parquet constate «que malgré la crise sanitaire en cours, des attroupements se produisent dans l'espace public. Il appartient à la police de les disperser, notamment en faisant usage des dispositions pénales ordinaires du droit cantonal, qui permettent d'amender toute personne qui n'obtempère pas à une injonction de la police.»

Tribune de Genève