2014-06-10 09:32

Meyrin: débat gratiné autour du menu à l’école

L’insolite

Doit-on proposer un menu végétarien aux enfants? Les  élus meyrinois ont tous un avis… très personnel.

Image d'illustration.

Image d'illustration.

(Photo: Chris Blaser)

Vous reprendrez bien un peu de tofu? Pour qu’un sujet soit traité au Conseil municipal, les élus votent d’abord son entrée en matière. A Meyrin, ce vote était une formalité, jusqu’à l’arrivée d’un sujet épicé à la fin du mois de mai: une résolution de la Verte Alejandra Tschudi-Spiropulo demandant l’introduction d’un menu végétarien dans les cuisines scolaires de la ville.

L’auteure a brièvement défendu son texte: «Dans une école laïque, il faut une cuisine laïque où les végétariens soient respectés.» Puis des considérations générales ont été émises. La PDC Dorine Duay-Duran a expliqué que son parti ne souhaitait pas entrer en matière, craignant «que la démarche n’amène d’autres demandes». Andreia Mac Kay, d’A Gauche toute!, a rappelé que «tant qu’il contient des protéines, végétales ou animales, un menu est équilibré». Puis ce fut au tour de l’UDC Sasá Hayes d’affirmer que «des menus végétariens pour les tout-petits peuvent entraîner des carences graves».

Une vague d’indignation a alors déferlé sur l’hémicycle. Chaque élu s’est empressé de fournir un exemple pour contrer les propos de l’élue. Un exemple souvent très personnel. On a ainsi appris que le meilleur ami du Vert Maurice Amato ne mange pas de viande «et n’a pas de carence». Que la fille du carnivore autoproclamé Robert Tillmann (PLR) a choisi d’être végétarienne, mais pas son fils. Mais également que le PLR Philippe Serano «adore la salade» sans toutefois estimer qu’il faille l’imposer à l’école. Juste avant le vote, Alejandra Tschudi-Spiropulo a tenté de mettre fin à ce «psychodrame familial» en rappelant que sa résolution proposait simplement aux enfants «d’avoir le choix». De justesse, les élus ont tout de même accepté l’entrée en matière.

Tribune de Genève