2014-11-13 14:57

Les salaires des chefs du Groupe Mutuel créent la polémique

Assurances

L'ex-président du comité du Groupe Mutuel aurait encaissé un salaire d’environ 2,2 millions de francs.

Le siège principal du Groupe Mutuel à Martigny.

Le siège principal du Groupe Mutuel à Martigny.

(Photo: Keystone)

  • Caroline Zuercher

L’ancien président du comité du Groupe Mutuel, Pierre-Marcel Revaz, gagnait deux fois et demie plus que les salaires cumulés du président du conseil d’administration et du CEO d’Helsana. L’information a été révélée mercredi par l’Aargauer Zeitung. Le Groupe Mutuel ne la confirme pas. «Ce sont des rumeurs et nous n’avons rien à commenter», réagit son chef de presse, Christian Feldhausen.

Les revenus effectifs des membres du conseil d’administration et de la direction du Groupe Mutuel ne sont pas révélés. Mais selon l’Aargauer Zeitung, qui cite l’enquête menée actuellement par l’autorité de surveillance des marchés financiers (la FINMA), Pierre-Marcel Revaz a encaissé un salaire d’environ 2,2 millions de francs (frais compris) pour l’année 2010. Selon le quotidien, les bonus touchés en 2011 pour ses activités au sein du Groupe Mutuel et auprès des autres assurances du Groupe Mutuel se sont élevés à 800'000 francs - soit plus que le salaire du CEO de Helsana, Daniel Schmutz.

Des millions encaissés
Président de la direction du groupe jusqu’en mai 2014 et vice-président du comité, Daniel Overney aurait pour sa part touché entre 1,2 et 1,35 million de francs. Enfin, Pierre-Angel Piasenta, ancien membre de la direction générale et secrétaire du même comité, aurait gagné 1,1 million de francs.

Pour mémoire, Pierre-Marcel Revaz a quitté ses fonctions fin septembre, après trente-trois années passées à la tête du Groupe Mutuel, dont il est aussi le fondateur. Les autres membres du comité se sont retirés au même moment. Le groupe a alors souligné sa volonté de procéder à un changement de génération. Mais ces personnalités ont aussi été poussées au départ par les exigences de la FINMA, qui demande une claire séparation des pouvoirs entre le comité et la direction opérationnelle.

La FINMA mène actuellement une enquête contre le Groupe Mutuel, dont un aspect porte sur la gouvernance de l'entreprise. Son porte-parole, Tobias Lux, précise qu'aucun commentaire n'est fait sur les affaires en cours. Il ne confirme donc pas, ni n'infirme, les révélations parues dans la presse.

Tribune de Genève