2016-02-08 20:50

Djurovski parti, Braizat restera seul à la barre

Football

Le Macédonien avait été nommé manager général du Servette FC à défaut d'entraîneur. Une position hybride.

Bosko Djurovski venait à peine de recevoir le feu vert administratif pour rejoindre le staff du Servette FC.

Bosko Djurovski venait à peine de recevoir le feu vert administratif pour rejoindre le staff du Servette FC.

(Photo: Eric Lafargue)

  • Daniel Visentini

Laconique, la formulation dit tout et rien à la fois: «Bosko Djurovski a informé la direction qu’il renonçait à donner suite à son parcours au Servette FC pour rentrer en Serbie. Son choix est motivé par des raisons personnelles.» C’est en ces termes que la direction du club grenat a expliqué le départ de celui qui venait à peine de recevoir le feu vert administratif pour travailler en qualité de manager général, au côté d’Anthony Braizat, nommé entraîneur. Depuis lundi matin, Servette est donc orphelin de celui qui devait apporter de l’expérience dans un binôme qui ne verra pas le jour.

«Bosko Djurovski a demandé à me voir, explique Constantin Georges, le directeur général du club. Il a souhaité arrêter. Nous le regrettons, mais dans cette relation de respect qui a toujours existé, nous prenons acte de son choix. Ce n’est pas un coup dur, c’est un fait dans la vie d’un club, tout simplement. Nous ne cherchons pas un autre manager général.» Ce n’est peut-être pas un coup dur à proprement parler, mais cela constitue néanmoins une rature dans le phrasé prévu, qui voulait voir un duo collaborant à la tête de l’équipe première.

Des questions

Qu’est-ce qui a poussé Djurovski à jeter l’éponge? On peut concevoir l’aspect complexe de sa position. Il n’est arrivé qu’il y a quelques jours, quand il a enfin reçu le feu vert administratif pour travailler au Servette FC. Les Grenat ayant repris très tôt l’entraînement en janvier, il a manqué les trois premières semaines de préparation. Pas simple ensuite de se faire une place alors que des alchimies naturelles s’étaient déjà créées? Difficile de faire passer son message au groupe? Une chose est certaine, les conditions de son arrivée n’ont pas facilité les choses. Ajoutez un match amical perdu samedi contre Lancy (4-3) pour sa première apparition sur le banc et Djurovski ne s’est peut-être pas senti à sa place dans un rôle hybride de manager, alors qu’au départ, avant les tracas administratifs, il était question qu’il soit à la baguette, en entraîneur principal. Des questions sur lesquelles le Macédonien n’a pas souhaité s’exprimer.

Braizat surpris et déçu

«Il n’y a jamais eu de malaise entre Bosko et moi, précise Anthony Braizat. J’ai été surpris comme tout le monde par sa décision. Déçu aussi. C’est sûr que cela fait sans doute bizarre d’arriver après trois semaines. Mais nous avions une très bonne relation.» Il faut croire que cela ne suffisait pas à Djurovski, en tout cas pas dans ces circonstances devenues complexes pour lui. S’il a jeté l’éponge, c’est assurément par honnêteté professionnelle. Cela rappelle au passage qu’en football, les duos à la tête d’une équipe sont souvent compliqués à installer.

Servette va donc fonctionner avec Braizat comme seul chef désormais. Il a les diplômes pour la Promotion League. Il aura une dérogation pour entraîner en Challenge League en cas de promotion, l’objectif impératif de ce printemps.

Renforts nécessaires

Reste à digérer ce divorce surprise. Et surtout à dénicher les renforts nécessaires. Un latéral gauche: Servette semble sur le point de se décider entre Liassine Cadamuro-Bentaïba, un Franco-Algérien de 27 ans, et Jeremy Faug-Porret, un Français de 29 ans. Il faudra aussi un renfort offensif. Avec les blessures de Kutesa et Fargues, ainsi que les départs de Vonlanthen et Pacar, Servette se cherche un joueur percutant, à tout le moins un milieu offensif, capable aussi de jouer en neuf et demi. Il ne reste qu’un petit mois avant la reprise…

Tribune de Genève