2017-04-29 17:18

Duterte poursuit son combat contre la drogue

Asie

Le président philippin a réclamé samedi aux dirigeants de l'Asean réunis à Manille une réponse unitaire pour lutter contre le trafic de drogue.

Le président Rodrigo Duterte s'exprime durant une conférence de presse au Sommet des dirigeants de l'Asean à Manille, ce samedi 29 avril.

Le président Rodrigo Duterte s'exprime durant une conférence de presse au Sommet des dirigeants de l'Asean à Manille, ce samedi 29 avril.

(Photo: AFP)

M. Rodrigo Duterte, dont la sanglante guerre antidrogue a soulevé des protestations internationales, s'est également élevé contre toute interférence extérieure dans les affaires de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean).

«Le commerce illégal de la drogue est massif mais pas inattaquable», a affirmé M. Duterte à Manille à l'ouverture d'un sommet de l'Asean. «Avec de la volonté politique et de la coopération, il peut être démantelé. Il peut être détruit avant qu'il détruise nos sociétés». M. Duterte a demandé aux dirigeants réunis à Manille de se montrer «résolus pour faire de l'Asean une zone libérée de la drogue».

Le président philippin rejette régulièrement les critiques adressées à sa guerre antidrogue, notamment par Amnesty International et d'autres groupes de défenses des droits de l'homme. La police philippine a rapporté avoir tué 2724 personnes dans cette campagne, dans le cadre de l'autodéfense selon les autorités. Des milliers d'autres ont été tuées par des milices, selon les défenseurs des droits de l'homme.

Guère susceptibles de critiquer

Un avocat philippin a déposé lundi un dossier d'informations auprès du bureau de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI). Il accuse le président Duterte d'avoir causé la mort de plus de 8000 personnes dans sa guerre antidrogue.

Dans son discours, M. Duterte a également insisté sur la tradition de «non-interférence» de l'Asean. Il a évoqué les relations avec les Etats-Unis et l'Union européenne qui se sont inquiétés des exécutions extra-judiciaires présumées durant cette campagne.

Avant le sommet, les groupes de défense des droits de l'homme avaient estimé que les dirigeants de l'Asean n'étaient guère susceptibles de critiquer M. Duterte.

Parmi les dirigeants représentant des régimes non démocratiques à Manille figuraient Prayut Chan-O-Cha, à la tête d'une junte militaire au pouvoir en Thaïlande et le premier ministre du Cambodge Hun Sen, ancien soldat Khmer rouge ayant fait défection, au pouvoir depuis plus de 30 ans. Était aussi présent le sultan Hassanal Bolkiah de Brunei, l'un des hommes les plus riches du monde après 49 ans de règne quasi absolu qui a exprimé jeudi son soutien à la guerre antidrogue de M. Duterte.

ats