2017-09-20 19:18

L’Eglise protestante se mobilise contre l’homophobie

Discriminations

Une formation a été organisée pour sensibiliser les pasteurs aux questions LGBTI. Elle a été organisée avec la Fédération genevoise des associations LGBT et le soutien de la Ville de Genève.

Le point avec Adrian Stiefel, responsable de l’Antenne LGBTI et chargé de ministère à l’EPG.

Le point avec Adrian Stiefel, responsable de l’Antenne LGBTI et chargé de ministère à l’EPG.

(Photo: Laurent Guiraud)

En 2015, l’Eglise protestante de Genève (EPG) a soutenu la création d’une antenne LGBTI (lesbienne, gay, bisexuelle, trans, intersexe). À savoir, un groupe d’entraide et de partage pour les jeunes qui cherchent à vivre leur spiritualité dans un cadre dénué de discriminations. Elle poursuit sur cette voie d’inclusion et a récemment organisé une journée de formation à l’attention des pasteurs autour des questions LGBTI et de prévention de l’homophobie. Ces conférences et ateliers sont le fruit d’une collaboration tripartite entre les milieux ecclésiastique, associatif LGBTI – la Fédération genevoise des associations LGBT – et institutionnel – la Ville de Genève. Le point avec Adrian Stiefel, responsable de l’Antenne LGBTI et chargé de ministère à l’EPG.

Pourquoi mettre sur pied une telle journée?

L’idée est née après que nous avons été sollicités par une association confrontée à des situations de conflit entre des jeunes qui commençaient à affirmer ouvertement leur homosexualité et leurs familles qui les rejetaient à cause de leurs convictions religieuses. Des pasteurs de l’Antenne sont alors intervenus dans le cadre de médiations familiales. Ils n’ont pas apporté de solutions toutes faites mais ont permis d’ouvrir le dialogue.

Cela nous a fait prendre conscience de l’importance de la question religieuse dans la résolution de problèmes homophobes. Or, on parle là de compétences socio-éducatives, non pas théologiques. L’Antenne a donc décidé d’organiser une formation, avec conférences et ateliers, pour outiller au mieux les collaborateurs de l’EPG, afin qu’ils puissent discerner les cas d’homophobie et les signes de rejet, qu’ils soient en mesure de soutenir les jeunes qui se questionnent ou qui sont la cible de violences homophobes, ainsi que les orienter vers les services compétents si besoin.

La formation a attiré un public multiconfessionnel, voire même des athées…

C’était aussi notre but, de pouvoir créer un événement rassembleur et ouvert à tous. Cette formation s’adressait aux accompagnants jeunesse, de toutes les confessions religieuses ou simplement athées. Nous avons ainsi accueilli 49 participants, comprenant des pasteurs de diverses dénominations, des diacres, des curés, et même des enseignants et des conseillers sociaux.

Avez-vous dû affronter des réticences?

J’ai effectivement été confronté à quelques réactions, parfois violentes, d’incompréhension et de méfiance, notamment dans des milieux chrétiens plus «durs». Mais c’est normal, il faut encore du temps.

Tribune de Genève