2017-09-20 19:18

Les scènes romandes unissent leurs forces

Scène

Les deux associations défendant les arts scéniques se fédèrent au sein d’une nouvelle entité. Leur but? Promouvoir la création au-delà des frontières romandes

Devant le Théâtre de Vidy, Eric Lavanchy (secrétaire général de l’UTR), Thierry Luisier (secrétaire général de la FRAS), Thierry Loup (directeur de Nuithonie et Equilibre), Bernard Laurent (administrateur de la Comédie de Genève), Vincent Baudriller (directeur du Théâtre de Vidy), Anne Bisang (directrice du TPR) et Marynelle Debétaz (directrice des Spectacles Français, à Bienne).

Devant le Théâtre de Vidy, Eric Lavanchy (secrétaire général de l’UTR), Thierry Luisier (secrétaire général de la FRAS), Thierry Loup (directeur de Nuithonie et Equilibre), Bernard Laurent (administrateur de la Comédie de Genève), Vincent Baudriller (directeur du Théâtre de Vidy), Anne Bisang (directrice du TPR) et Marynelle Debétaz (directrice des Spectacles Français, à Bienne).

(Photo: FRAS)

  • Natacha Rossel

Le monde du théâtre romand est en pleine ébullition. Partant du constat que les disparités entre théâtres de création et lieux d’accueil sont de plus en plus ténues, les deux associations défendant le spectacle vivant en Suisse romande – le Pool des théâtres romands (orienté vers l’accueil) et l’UTR (tourné vers la création) – ont décidé d’unir leurs forces au sein de la Fédération romande des arts de la scène (FRAS). Sans fusionner pour autant. «Fini le temps des chapelles», résume Bernard Laurent, directeur administratif de la Comédie de Genève et président à la fois de l’UTR et de la FRAS.

Derrière cette union, un but commun: devenir un interlocuteur unique. Pour les artistes, le public, mais surtout les autorités. «Cela ne devra pas gommer nos différences, prévient Anne Bisang, directrice artistique du Théâtre Populaire Romand, à La Chaux-de-Fonds. Mais la réflexion commune ne pourra que renforcer notre visibilité et notre poids.»

En choisissant ces deux termes, la directrice du TPR met le doigt sur deux pierres d’achoppement des scènes romandes: comment faire entendre sa voix face aux autorités et aux institutions telles que la Loterie Romande ou Pro Helvetia? Et comment se rendre plus visible au-delà du Röstigraben?

Étoffer la visibilité
Sur le premier point, Denis Maillefer, nouveau directeur de la Comédie de Genève et ex du Théâtre des Halles, à Sierre, répond par l’exemple. Pour délier les cordons de sa bourse, la Loterie Romande impose aux compagnies d’assurer la première représentation d’un spectacle dans le canton où se trouve leur boîte aux lettres. Un caillou dans la chaussure de Maillefer, dont la compagnie est basée en terre vaudoise mais qui dirigeait un théâtre valaisan. «J’ai répété le spectacle à Sierre, mais il a été créé au Théâtre Benno Besson à Yverdon – un théâtre d’accueil –, avant de repartir aux Halles. Cette expédition a coûté 100'000 balles, soupire l’artiste. Une entité comme la FRAS peut avoir une force de frappe dans ce genre de cas très précis.»

Au-delà du cercle romand, les théâtres entendent aussi étoffer leur visibilité de l’autre côté de la Sarine. Au plan politique, d’abord, comme l’explique Vincent Baudriller, directeur du Théâtre de Vidy: «Avec la FRAS, on devient un vrai interlocuteur envers la Suisse alémanique, envers les autorités nationales.» Au plan artistique, ensuite: «Il est important pour une compagnie de Bienne ou de Porrentry d’avoir une porte ouverte sur le reste du réseau», observe Marynelle Debétaz, directrice des Spectacles français, à Bienne.

Cette visibilité sera d’autant plus accrue que la FRAS aura un vrai «visage», celui de Thierry Luisier. Nommé secrétaire général, l’ancien directeur du Théâtre Benno Besson aura pour mission d’incarner les préoccupations et les combats des théâtres romands – qui ont tout de même attiré plus de 950'000 spectateurs rien qu’en 2016. «Nous voulons montrer que nous sommes ensemble et que nous sommes cohérents», conclut-il.

Tribune de Genève