2017-10-31 18:00

Les Verts lancent une initiative pour juguler la pollution

Politique

A quelques mois des élections, le parti se profile sur les thèmes de l'air pur et du calme.

Le bassin genevois touché par la pollution atmosphérique. Une vue depuis le Salève. (archive)

Le bassin genevois touché par la pollution atmosphérique. Une vue depuis le Salève. (archive)

(Photo: Lucien Fortunati)

On veut de l’air pur! C’est par ce cri scandé en pleine rue que les Verts ont marqué mardi le lancement de leur nouvelle initiative cantonale. Le parti va se lancer en quête de signatures afin d’inscrire dans la législation des mesures visant à combattre la pollution, qu’il s’agisse des nuisances sonores ou de la qualité de l’air.

Le texte est d’ordre législatif. Si l’initiative aboutit, elle sera transmise au Grand Conseil qui peut l’accepter (ce qui aurait pour effet de lui donner force de loi) ou la rejeter. Le peuple n’a à se prononcer que si les députés enterrent le texte.

Pour Nicolas Walder, président du parti, la démarche vise à «faire vivre» l’article de la nouvelle Constitution cantonale qui prévoit le droit à un environnement sain. Et de rappeler que la seule pollution aérienne provoque quelque 3000 morts prématurées par an en Suisse et un coût sanitaire de 4 milliards de francs. Pour lui, «le Conseil d’Etat n’a pas pris la mesure du problème».

Le gros des mesures envisagées concerne la pollution de l’air. L’initiative prévoit une information proactive de la part de l’Etat en cas de dépassement des normes. En outre, elle fixe des échéances échelonnées pour que celles-ci soient systématiquement respectées en 2030, ce qui n’est actuellement pas le cas. Mais, en plus, elle édicte des taux de concentration de polluants dans l’atmosphère à partir desquels des mesures d’urgence devraient être prises. La gratuité serait offerte sur les transports publics (au lieu du demi-tarif actuellement), la vitesse maximale serait abaissée à 80 km/h et on réserverait la possibilité de circuler aux véhicules les moins polluants (au lieu de la circulation alternée en fonction du numéro de place et sur une base volontaire que l’Etat prévoit actuellement).

L’initiative prévoit en outre que les autorités pourraient restreindre l’utilisation de certaines installations. «Ce terme d’installation peut désigner des routes, une usine d’incinération ou un aéroport», précise le député Boris Calame.

Ces mêmes installations pourraient voir leur utilisation limitée, selon l’initiative, en cas de dépassement des normes fédérales en matière de bruit. Candidat Vert au Conseil d’Etat et magistrat de Vernier, Yvan Rochat insiste sur l’impact actuel et futur du tarmac genevois sur les 90 000 personnes qui vivent dans ses parages sur le territoire cantonal et rappelle que le périmètre bruyant est censé croître avec l’essor prévu du trafic aérien d’ici à 2030. Certaines émissions polluantes feraient aussi tache d’huile.

Egalement en lice pour l’Exécutif cantonal, Marjorie de Chastonay souligne l’importance des mesures préconisées pour les habitants de la Ville de Genève. «Beaucoup de secteurs urbains sont affectés par la pollution de l’air et le bruit et plusieurs associations de quartier se mobilisent sur ce thème, à la Jonction, aux Pâquis ou encore aux Eaux-Vives, fait-elle remarquer. Ce ne sont donc pas que les Verts mais aussi les habitants qui en ont marre de respirer un air vicié.»

Cette initiative est la première que le Parti écologiste lance seul depuis celle de 2013 qui ambitionnait de donner la priorité aux transports publics dans tout le canton. Le peuple l’a rejetée au profit de son contre-projet en 2016.

Dans les deux cas, le lancement des initiatives a précédé de peu les élections cantonales. Hasard du calendrier? «Le but n’est pas électoraliste, mais cela mobilise le parti, explique Nicolas Walder. Les élections instillent un débat sur le programme du parti et sa stratégie pour les prochaines années, dans laquelle s’inscrit l’initiative.»

Tribune de Genève