2018-02-17 19:19

Il neige des confettis valaisans sur la Cité de Calvin

Carnaval

Sous une météo pourrie, Genève s'offre un défilé de culture catholique, marqué au costume par les engins de nettoyage.

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  • Thierry Mertenat

Dans l’arsenal sécuritaire appliqué à l’espace public, le canon à eau antiémeute reste une valeur sûre. Genève a le sien et le sort volontiers les jours de manifestation à risque. Du lourd, du tout gris, du bien moche.

Ce samedi après-midi, place de la Navigation, les tireurs d’élite engagés manient un engin autrement plus ludique: un authentique canon à confettis. Il est équipé d’un puissant compresseur et crache ses projectiles en papier jusqu’au sixième étage d’un immeuble. C’est l’attraction du défilé inaugural marquant l’ouverture du Carnaval aux Bains des Pâquis, septième du nom.

Les enfants se précipitent sous cette neige couleur pop qui recouvre peu à peu le sol autour de la fontaine, avant de se répandre comme une traînée de poudre pyrotechnique le long de la rue du Léman et sur les balcons qui la surplombent.

Les tireurs viennent du Valais, ils en ont l’accent et cette énergie carnavalesque qui ne s’apprend pas dans la Cité de Calvin. L’un d’eux, lisant chaque jour son quotidien local, «l’Immortel et sa rubrique des allongés», sourit à la vie en regardant la rade se faire doucher par la pluie. Il est visiblement heureux d’être là, le corps détendu, le coude se rapprochant de la buvette, après s’être délesté de «400 kilos de confettis».

Les balayeuses mécaniques, les souffleries à bras marquent à la culotte les costumés du jour et nettoient le bitume en temps réel comme un jour de Lake Parade, sitôt passé le dernier char. Pour voir les jolis tapis de confettis, il faut faire vite ou prendre son billet de train pour Bâle dont le fameux Fasnacht commence ce lundi matin à 4 h.

Avant cela, on brûle le Bonhomme Hiver aux Bains, un drôle de personnage aux allures de cosmonaute, on s’offre un barbotage échangiste en plein air, dans un jacuzzi géant chauffé au bois, avant d’applaudir le feu d’artifice en se séchant et de se lancer, à moitié rhabillé, dans le bal endiablé mené par la fanfare des Canards des Cropettes et les DJ Ma et Dada.

Ambiance bon enfant, décousue, dans une ville aux trois-quarts déserte. Au même moment, ses habitants sont pris dans la circulation, sur les routes mouillées qui les ramènent de la montagne.

Tribune de Genève