2019-02-10 11:46

Quelque 53 millions de cachets de méth saisis

Drogues

Le Bangladesh peine à empêcher la méthamphétamine produite en Birmanie de franchir la frontière.

Les pilules très addictives connues sous leur nom thaïlandais, «yaba», c'est-à-dire «la drogue qui rend fou», ont été saisies à travers tout le Bangladesh.

Les pilules très addictives connues sous leur nom thaïlandais, «yaba», c'est-à-dire «la drogue qui rend fou», ont été saisies à travers tout le Bangladesh.

(Photo: AFP)

Le Bangladesh a saisi un nombre record de 53 millions de cachets de méthamphétamine en 2018. Près de 300 trafiquants présumés ont en outre été abattus dans le cadre d'une guerre antidrogue controversée, ont annoncé les autorités dimanche.

Les autorités font valoir que les quantités saisies sont la preuve de l'efficacité de la campagne de répression. Les défenseurs des droits disent au contraire que ce record montre que le nombre de morts n'a pas eu d'impact sur le trafic.

Selon le département du contrôle des stupéfiants, les pilules très addictives connues sous leur nom thaïlandais, «yaba», c'est-à-dire «la drogue qui rend fou», ont été saisies à travers tout le Bangladesh. «C'est la plus grosse quantité saisie en un an», a déclaré Bazlur Rahman, directeur adjoint du service à l'AFP.

Un autre responsable Masum-e-Rabbani a jugé que la campagne de répression lancée en mai avait des résultats «positifs», déclarant que les ventes et la consommation de yaba avaient reculé. Près de 300 suspects ont été tués par les forces de sécurité et 25'000 personnes ont été arrêtés, a-t-il ajouté.

Main d'oeuvre facile

Les défenseurs des droits dénoncent des exécutions extrajudiciaires dans cette campagne qui rappelle la guerre antidrogue meurtrière menée aux Philippines. Plus de 40 personnes ont été tuées à Teknaf, ville frontalière de l'Etat birman de Rhakine et qui est proche des camps de réfugiés où vivent environ un million de musulmans rohingyas.

Le Bangladesh peine à empêcher la méthamphétamine produite en Birmanie de franchir la frontière. Les réfugiés musulmans sont une main-d'oeuvre facile pour des trafiquants souvent bouddhistes ou des soldats birmans et servent de passeurs.

Nur Khan Liton, ancien directeur de l'ONG Ain o Salish Kendra, a estimé que la saisie record montrait que la guerre antidrogue n'avait pas eu grande incidence sur le trafic. «Cela prouve que la répression policière ne fonctionne pas, ils ont besoin d'une approche différente», a-t-il assuré à l'AFP.

ats