2017-02-10 20:32

BNP Paribas accentue ses coupes d’effectifs en Suisse

Place financière

Un service est délocalisé vers Lisbonne. Une trentaine de postes sont concernés.

Le département dit «client services» de BNP Paribas (Suisse) SA à Genève va être supprimé, ont appris plusieurs personnes au fait des annonces internes à l’établissement.

Le département dit «client services» de BNP Paribas (Suisse) SA à Genève va être supprimé, ont appris plusieurs personnes au fait des annonces internes à l’établissement.

(Photo: AZZURRO MATTO/ENRICO GASTALDELLO)

  • Pierre-Alexandre Sallier

Le ménage continue d’être effectué en silence dans les étages d’une banque qui a contribué à faire de Genève la capitale mondiale du financement des matières premières. Le département dit «client services» de BNP Paribas (Suisse) SA va être supprimé, ont appris plusieurs personnes au fait des annonces internes à l’établissement. Une trentaine de postes vont ainsi être délocalisés au Portugal selon une source, «pas plus de cinquante», estime une autre.

Appartenant aux métiers qualifiés de «mid-office» dans le jargon, ces collaborateurs appuient les banquiers au service de la clientèle d’entreprise de l’établissement. Contactée, la filiale genevoise du groupe français se refuse à tout commentaire sur la réorganisation de ses équipes.

Elle ne donne aucune indication récente sur ses effectifs à Genève. Les dernières remontent à la fin de 2015. BNP Paribas employait alors 1368 collaborateurs en Suisse, contre 1700 en 2010. Jamais elle n’en avait recensé aussi peu, en plus d’une décennie.

Départ pour Lisbonne

Ces coupes et ces transferts interviennent alors que toute cette multinationale de 190 000 employés est engagée dans une vaste opération de réduction des coûts. En début de semaine, lors de la présentation de son bilan 2016, la direction parisienne de BNP Paribas a indiqué que son pôle de «banque d’investissement» – auquel appartient une partie des activités genevoises – avait économisé 300 millions d’euros l’an dernier. Soit le tiers de l’effort budgétaire qui lui est imposé d’ici à 2020.

Les délocalisations au Portugal en font partie. Le fonctionnement du pôle «banque d’investissement» connaît ainsi de profondes réorganisations passant notamment par le regroupement de certains services dans des «plates-formes mutualisées»; notamment à Lisbonne. Au début de 2016, Les Echos y annonçaient déjà le transfert d’une cinquantaine de postes des états-majors parisiens.

Le journal économique français évoquait en outre le départ pour le Portugal de plusieurs dizaines de postes du service des «opérations titres» à Genève. Ces transferts sont-ils achevés? Silence radio de BNP Paribas.

Genève mise au pas

Ce programme d’austérité vient s’ajouter à la sévère mise au pas imposée depuis plus de trois ans à l’antenne genevoise du plus important groupe bancaire français. En cause, les opérations de ses équipes au Soudan, en Iran et à Cuba, qui ont valu à tout le groupe de s’attirer les foudres des Etats-Unis en 2014.

Ainsi, près de la moitié des 9 milliards de dollars de sanctions imposées par Washington ont été mises à la charge de la filiale helvétique. Cette dernière a vu en 2014 un ancien de la police interne du groupe, Geoffroy Bazin, dépêché à sa tête. Et dès la fin de 2015, le groupe pouvait annoncer que la «réduction» de ses activités liées au pétrole et aux matières premières était «largement» achevée.

Tribune de Genève