2017-11-07 18:22

Genève Tourisme doit se réformer

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On croyait connaître l’ampleur du fiasco des Fêtes de Genève 2016, il n’en était rien. L’audit de l’État sur la gestion du Geneva Lake Festival révèle enfin les dessous d’un désastre financier dont la perte s’établit finalement à 6 millions de francs pour treize jours de festivités. Au-delà du déficit colossal, l’enquête pointe l’amateurisme de l’organisateur de l’événement estival. L’organisateur? Genève Tourisme, l’un des plus puissants outils de promotion du canton. «Manque de transparence», risques non maîtrisés, frais non justifiés, factures non contrôlées, la liste des dysfonctionnements est corsée. Des griefs d’autant plus inquiétants qu’ils visent un organisme à l’activité primordiale pour l’économie du canton.

Genève Tourisme a beau se targuer de récentes distinctions internationales, il donne la fâcheuse impression de manquer d’épaisseur quand il s’agit de sortir de son cœur de cible, l’accueil de congrès. L’absence de promotion des événements culturels genevois au rayonnement pourtant européen l’illustre amèrement.

Cette enquête aux conclusions alarmantes doit conduire Genève Tourisme à se réformer. Sa gouvernance, comme l’a voulue le législateur, est majoritairement composée d’acteurs privés, hôteliers en tête. Au risque d’être réducteur, leur but consiste à remplir les chambres d’hôtel. Mais les nuitées stagnent et cela ne constitue pas une stratégie en soi. Aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités en réinvestissant le secteur. Cet audit en prend la direction.

Lire: Le déficit de l’édition 2016 des Fêtes de Genève passe de 3,5 à 6 millions

Tribune de Genève

Julien de Weck, responsable rubrique Genève
Julien de Weck, responsable rubrique Genève