2018-02-15 17:58

L’annulation des Fêtes de Genève 2018 fait de nombreux déçus et quelques heureux

Réactions

La décision de Genève Tourisme de renoncer à l’organisation de l’événement semble plutôt impopulaire.

Feu d'artifice aux Fêtes de Genève.

Feu d'artifice aux Fêtes de Genève.

(Photo: Steve Iuncker Gomez)

«C’est lamentable, c’est vraiment malheureux que le conseil de fondation de Genève Tourisme ait pris cette décision, et que la Ville et le Canton n’aient pas poussé dans l’autre sens», réagit Pascal Spuhler, représentant de l’Association des commerçants centre rive-droite au sein de la Commission consultative sur le tourisme. L’annulation des Fêtes en 2018 n’était pas inéluctable selon ce conseiller municipal indépendant (il vient de démissionner du MCG pour Genève en marche). «Il y avait un autre choix possible, celui de faire une version plus réduite, plus simple. Tout annuler, c’est ne pas être ambitieux pour Genève. Les déficits, ça se rattrape.»

La critique est aussi vive pour le conseiller municipal socialiste Olivier Gurtner, à l’approche du scrutin du 4 mars qui oppose une initiative raccourcissant les Fêtes à sept jours et un contre-projet les laissant sur onze jours. «C’est impressionnant, la fondation Genève Tourisme n’est pas à la hauteur face à un scrutin dont les conséquences pourraient être lourdes pour elle. Elle aurait pu profiter de sa communication pour faire passer un message clair sur la votation, en faveur du contre-projet. Mais elle agit comme si l’initiative de Jean Barth n’existait pas.»

Ce dernier se réjouit-il des conséquences d’une telle annonce sur son projet? «Je ne pense pas que cela aura de l’influence sur le vote, répond Jean Barth. Mais je rappelle que j’ai proposé de concentrer les moyens sur une Fête tous les deux ans s’il le faut. Il vaut mieux diminuer la fréquence pour faire quelque chose de bien.» Une position à demi partagée par Sophie Courvoisier, conseillère municipale PLR: «On regrette évidemment cette décision car les Fêtes sont un moment important de festivités pendant les vacances. Mais on comprend aussi ce choix, étant donné les déficits des deux dernières années et la votation à venir. Ce n’est peut-être pas plus mal de prendre une année pour réfléchir».

Plus surprenant, l’absence de réaction de l’association Touche pas à mes fêtes, qui s’est fait connaître par le biais dun groupe Facebook. Marie Manzella, responsable des relations publiques ne souhaite pas s’exprimer. «L’association a été dissoute il y a quelques mois. Il n’y avait pas eu assez de soutiens donc on a préféré arrêter. On n’était plus assez nombreux pour faire marcher la structure.» Du côté des stands, Jean-Marc Humberset, gérant du Moulin Rouge, est un habitué et un «passionné» des Fêtes. «On est tristes, on perd une des plus belles vitrines genevoises. Notre clientèle sera déçue elle aussi.» Avant de confier rêver encore à «une solution miracle».

La décision de Genève Tourisme semble assez impopulaire hors du sérail politique, à en croire les commentaires de nos lecteurs. Ils sont partagés entre les déçus, ceux qui déplorent une «Genève morte» et une «honte». Et ceux qui ironisent: «Triste peuple qui a besoin de tels artifices (excessivement onéreux et bruyants) pour rendre la réalité supportable…», note Pierre Dekkers.

Tribune de Genève