2019-09-09 12:06

La présumée victime suisse se confie

Affaire Ramadan

Brigitte, qui a déposé plainte en avril 2018, raconte à «Libération» la nuit où, 10 ans plus tôt, elle dit avoir été violée par l'islamologue suisse dans un hôtel genevois.

  • Marion Moussadek Emonot

«J'ai eu peur de mourir. J'étais terrifiée et paralysée. [...] J'avais l'espoir qu'il s'endorme pour pouvoir m'enfuir. Mais il ne dort jamais. Il y avait des pauses et puis les violences redémarraient». C'est ainsi que la plaignante suisse, que la presse a surnommée Brigitte, décrit auprès de «Libération» les sévices que Tariq Ramadan lui aurait infligés dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008 dans un hôtel genevois.

Celle qui était restée silencieuse depuis sa plainte déposée en avril 2018, a finalement décidé de parler au quotidien français qu'elle a rencontré mi-juillet mais qui publie fort à propos son témoignage aujourd'hui, après la récente contre-attaque tonitruante de l'islamologue suisse sur RMC-BFM TV, au micro de Jean-Jacques Bourdin.

Le «traquenard» dans lequel Tariq Ramadan dit être tombé, dénonçant peu ou prou un complot des plaignantes, c'est Brigitte qui dit en avoir été en fait victime. Dans le hall d'hôtel où ils ont rendez-vous, l'islamologue s'enquiert auprès de la réception si le pressing est encore ouvert. La réponse est négative. Il demande alors à ce qu'on mette à sa disposition de quoi s'occuper lui-même de ses vêtements pour le lendemain, où il a une interview à la RTS. Brigitte se retrouve alors avec un fer à repasser dans les bras qu'il lui revient de monter dans la chambre de l'islamologue. La porte de la chambre se referme derrière elle, à Genève, «cette ville-village où presque tout le monde se connaît», précise «Libération».

Tariq Ramadan l'aurait alors immédiatement «basculée sur le lit». Le prédicateur se serait mis à l'insulter et à lui asséner des claques en lui disant qu'elle aimait «ça». «Les coups pleuvent», complète «Libé» qui précise que le calvaire a duré toute la nuit jusqu'à ce que Brigitte parvienne à sortir de la chambre «en passant sous les bras de [Tariq Ramadan]».

Cette «belle femme à l'orée de la cinquantaine» telle que dépeinte par le quotidien français a mis dix ans à se décider à porter plainte. Elle se justifie en décrivant toutes ces années où la culpabilité l'a broyée, et durant lesquelles la notoriété de son agresseur présumé ne l'entravait que davantage encore.

Tribune de Genève