2019-01-27 09:00

Rouler en manuelle avec le permis automatique divise

Suisse

La possibilité offerte aux détenteurs d'un permis pour véhicule automatique de conduire une voiture manuelle ne fait pas l'unanimité.

Alors que les moniteurs d'auto-école et les milieux de la prévention crient au danger, l'OFROU et la police sont sereins sur la possibilité donnée aux détenteurs d'un permis pour véhicule automatique de conduire une voiture manuelle.

Dès le 1er février, les conducteurs qui ne possèdent qu'un permis pour véhicule automatique pourront prendre le volant de voitures manuelles. Tandis que les moniteurs d'auto-école et les milieux de la prévention crient au danger, l'OFROU et la police sont sereins.

Jean-Bernard Chassot, directeur de la Fédération romande des Ecoles de conduite, ne comprend pas cette mesure volontariste, jugeant qu'elle intervient trop rapidement. Il admet que l'on trouve sur le marché de plus en plus de voitures neuves, qui sont automatiques, «mais ce n'est pas encore le cas des véhicules d'occasion», a-t-il relevé.

Il craint particulièrement pour les jeunes conducteurs. «Vous imaginez un jeune qui obtient son permis le vendredi et à qui son patron demande le lundi matin de conduire la camionnette de l'entreprise?»

Le Bureau de prévention des accidents (bpa) et le Touring Club Suisse (TCS) sont eux aussi inquiets. Ces deux organisations redoutent une hausse du nombre des accidents. Le bpa craint par exemple que «l'apprentissage du débrayage et du changement de vitesses se fasse en pleine circulation».

«Combat d'arrière-garde»

En revanche, du côté de l'Office fédéral des routes (OFROU), on est serein. «L'apprentissage de la conduite est devenu beaucoup plus difficile. Le volume de circulation sur les routes suisses a doublé depuis 25 ans», a rappelé Guido Bielmann, porte-parole de l'OFROU, à Keystone-ATS.

«Les exigences pour les débutants, dans cette densité de trafic, sont devenues très importantes. Alors, apprendre la conduite sans le stress du changement de vitesses est plus facile». Et de poursuivre: «A partir du moment où le débutant gérera la conduite dans cette circulation complexe, il apprendra rapidement à utiliser une boîte à vitesses.»

Et de plaider que le parc de voitures automatiques ne cesse de croître. En 2017, 30% des nouvelles voitures étaient automatiques.

Même analyse du côté de la police: «C'est un combat d'arrière-garde» pour Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise: «La boîte à vitesses est bientôt optionnelle.»

«Pour une personne qui ne se sentirait pas à l'aise au volant d'une voiture à boîte manuelle, je lui recommanderais simplement de prendre une ou deux heures de cours», conclut-il.

ats